Fermeté et dialogue

Ce sont les deux voies demandées par Marielle de Sarnez à propos de la situation qui se dégrade en Ukraine où le bilan meurtrier augmente ces derniers jours.

Depuis plusieurs semaines, les violences se sont encore intensifiées en Ukraine. L’appel au cessez-le-feu lancé mercredi soir à Berlin par les ministres ukrainien, russe, français et allemand des Affaires étrangères n’a pas été entendu.

À l’issue d’une offensive faisant 42 morts en moins de 24 heures dont 13 civils, les séparatistes viennent de conquérir l’aéroport de Donetsk. Il s’agit du bilan le plus meurtrier depuis septembre.

Face à ce regain de violence, la diplomatie européenne doit se montrer déterminée et agir.

La sortie de crise dans la région passe par la réunion de tous les protagonistes autour de la table. L’Europe doit être une force de médiation et avoir une approche globale vis-à-vis de la Russie : il faut maintenir le régime de sanctions sans toutefois fermer la porte au dialogue avec Poutine. Mais ce dialogue ne saurait exclure la fermeté. Rien ne doit venir remettre en cause la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine, dans ses frontières internationales.

En même temps, il importe de régler le dossier du gaz afin que son prix échappe au contexte et au chantage politique.

Enfin, l’Union européenne doit demeurer aux côtés des Ukrainiens. La crise est loin d’être passée. Il faut que nous les aidions davantage à travers une aide financière et une aide humanitaire d’urgence mais aussi dans les réformes dont le pays a vitalement besoin. 

Les 28 et l’Ukraine

La tension augmente, Dans ce climat tendu, les 28 ministres européens des Affaires étrangères ont décidé lundi de poursuivre les sanctions à l’encontre du voisin de l’Est, mais ils restent malgré tout divisés. Beaucoup restent sur une ligne dure vis à vis de la Russie et n’ont pas suivi les propositions de Federica Mogherini (cheffe de la diplomatie européenne ) faites à la fois de dialogue et de fermeté.

Et la position de l’Ukraine ?

Dans une interview, le président ukrainien, Petro Porochenko, affirme au journal Le Monde:  « nous sommes prêts non seulement à défendre notre pays mais aussi à défendre l’Europe. Parce que la ligne de front pour défendre la liberté et les valeurs de l’Europe, c’est l’Ukraine ». Pour lui, « les sanctions fonctionnent, en ce sens que non seulement elles créent des problèmes à la Russie, mais qu’elles maintiennent les Russes à la table des négociations (…) Ne sous-estimez pas l’unité de l’Union européenne ». (source Toute l’Europe)


Viviane Boussier, le 23 janvier 2015